Août
- il y a 5 jours
- 5 min de lecture

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Qu'est ce qu'un centre "douleur" dans les hôpitaux ?
Lorsqu'une douleur persiste depuis plusieurs mois et commence à impacter le sommeil, le travail, les activités quotidiennes ou la qualité de vie, il peut être utile d'être orienté vers un Centre d'Évaluation et de Traitement de la Douleur (CETD), plus communément appelé « centre anti-douleur ».
Ils accueillent des patients souffrant de douleurs chroniques très variées : lombalgies, douleurs neuropathiques, fibromyalgie, migraines, douleurs après une opération, syndrome douloureux régional complexe (algodystrophie), douleurs liées à certaines maladies rhumatologiques, et bien d'autres.
La particularité d'un centre anti-douleur est son approche pluridisciplinaire. La douleur chronique est aujourd'hui reconnue comme un phénomène complexe qui implique non seulement le corps, mais aussi le système nerveux, les émotions, le sommeil, l'activité physique et l'environnement de la personne.
Selon les structures, le patient peut ainsi être accompagné par différents professionnels : médecins spécialisés dans la douleur, psychologues, kinésithérapeutes, ou encore praticiens de soins de support...
Au fil de mes stages universitaires puis de ma participation au réseau douleur d'Evreux, j'ai découvert des équipes engagées qui œuvrent chaque jour pour accompagner des situations souvent complexes. Ces centres jouent un rôle essentiel dans le parcours de nombreuses personnes lorsque la douleur devient une maladie à part entière.
La douleur chronique concerne près d'une personne sur cinq. Pourtant, beaucoup ignorent encore l'existence de ces structures spécialisées qui peuvent représenter une ressource précieuse lorsque les solutions habituelles ne suffisent plus.
Le saviez-vous?
En France, l'accès à un centre anti-douleur se fait généralement sur orientation de votre médecin traitant ou d'un spécialiste. Les délais peuvent parfois être longs, ce qui souligne l'importance d'une prise en charge précoce lorsque la douleur s'installe dans le temps. Le médecin spécialisé dans la prise en charge de la douleur est appelé algologue. Il s'agit généralement d'un médecin (anesthésiste, neurologue, rhumatologue, médecin généraliste, médecin de médecine physique et réadaptation, etc.) ayant complété sa formation par un Diplôme Universitaire (DU) ou un Diplôme Inter-Universitaire (DIU) consacré à la douleur.
Le massage comme accompagnement en centre de la douleur
Cela fait plus de 2 ans que je travaille avec le réseau douleur d'Evreux et auprès de l'Institut Rafael. Alors, comment le massage peut accompagner?
Avant de parler de techniques, il est important de rappeler que le massage ne guérit pas une douleur chronique. En revanche, il peut constituer un soin de support particulièrement intéressant dans le parcours des patients suivis en Centre d'Évaluation et de Traitement de la Douleur (CETD). Intégré à une prise en charge pluridisciplinaire, il peut contribuer à diminuer les tensions musculaires, améliorer la mobilité, favoriser la détente, réduire le stress et l'anxiété, restaurer un rapport plus positif au corps et offrir un moment où le patient n'est plus uniquement défini par sa douleur. En agissant sur le système nerveux, les dimensions émotionnelles et l'environnement de soin, le massage participe à créer un contexte favorable au mieux-être. Il ne remplace jamais les traitements médicaux, la kinésithérapie, l'activité physique adaptée ou l'accompagnement psychologique, mais il peut devenir un véritable complément lorsque son indication est réfléchie et que le praticien connaît les mécanismes de la douleur ainsi que les limites de son intervention.
Le centre de santé Santorin
Au cabinet Santorin, nous sommes 13 : paramédicaux et soins de supports.
Pour le pole massage, nous sommes trois praticiennes unies par une même vision : accompagner chaque personne avec écoute, bienveillance et professionnalisme.
Le cabinet est ouvert 7J/7, et oui même le dimanche !
Jessie Breard Hubert, créatrice du Massage Convalescence®, est spécialisée dans l'accompagnement de la douleur, des troubles myofasciaux, de la convalescence et des sportifs.
Cécile Dulac, ancienne éducatrice de jeunes enfants, accompagne particulièrement les sportifs, les femmes en période périnatale et les personnes en recherche de mieux-être physique et émotionnel.
Amélie Trueba, ancienne infirmière, est spécialisée dans l'accompagnement des personnes fragilisées par la maladie, les parcours de convalescence, ainsi que les enfants et les personnes âgées.
Ensemble, nous mettons nos parcours complémentaires au service d'une prise en charge humaine, personnalisée et adaptée aux besoins de chacun.
𝐇𝐈𝐒𝐓𝐎𝐈𝐑𝐄 𝐃𝐄 𝐂𝐀𝐁𝐈𝐍𝐄𝐓 ❤️
Mme D. prend rendez-vous pour un massage de détente musculaire.
Lors de notre échange avant le soin, elle m'explique qu'une imagerie a mis en évidence un problème avec atteinte d'un nerf, mais elle ne se souvient pas précisément le diagnostic et ne comprend pas le traitement qui lui a été prescrit, notamment la prise de d'un antidépresseur. Sa douleur est importante, évaluée à 8/10, avec un engourdissement persistant. Son attente est claire, elle veut que mon massage soulage cette douleur. Premier problème pour moi : le massage n'est pas là pour soulager sa douleur, ce n'est pas mon métier. Deuxième problème : je ne sais pas réellement ce qu'elle a...
Avant toute prise en charge, j'ai donc besoin de connaître les recommandations du médecin et de savoir si le massage est indiqué, ainsi que les éventuelles précautions à respecter. Je lui propose un massage en évitant la zone problématique n'ayant pas les informations nécessaire.
Cela provoque beaucoup d'émotion chez elle... Elle fond en larme...
Derrière la douleur physique, je vois surtout une personne qui a besoin d'être écoutée, rassurée et accompagnée.
Je lui demande alors si quelqu'un a pris le temps de lui expliquer sa douleur?
La réponse est non.
Alors je sors une feuille et un stylo. J'aime dessiner pour rendre les choses plus simples. ! Nous passons une vingtaine de minutes à parler de la physiologie de la douleur, mais aussi de la raison pour laquelle un médicament comme le Laroxyl peut être proposé dans ce contexte. Nous échangeons également sur l'importance de comprendre son traitement pour devenir pleinement actrice de sa prise en charge.
Son visage est apaisé, j'aime le droit à un sourire! Elle repart en me disant une phrase qui restera gravée : "Vous ne m'avez pas massé et pourtant j'ai beaucoup moins mal ! ". Pas de massage, mais une meilleure compréhension de son corps...
Quelques semaines plus tard, elle revient avec un accord verbal son médecin pour le massage. Une seule précaution est demandée : éviter les rotations cervicales pendant le massage. Son médecin souligne même le professionnalisme de ma démarche.
Au final, il aura fallu peu de séances pour que son état s'améliore nettement. Non pas grâce à ma techniquement uniquement... C'est un ensemble : effet placebo, effet contextuel, ma technique ...
Prendre le temps d'écouter, d'expliquer, rassurer, vulgariser, orienter lorsque c'est nécessaire, font aussi partie de notre métier. Parfois, le premier soin n'est pas un massage.
❤️

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